jeudi 29 novembre 2012

Vie et mœurs du Tokar de Bretagne I



Le Tokar de Bretagne est un animal nuisible de l’espèce des  Ingenieurii Commercialisis , sous espèce des  Tokari Britonicus . Cette espèce étant elle même la plus nuisible du genre Homo Affairistus.

Apparition du Tokar.

Le Tokar est issu d’une mutation génétique tenant de la malformation congénitale également connue sous le nom de crétinisme des Alpes (d’où l’expression crétin des Alpes). Le premier et seul spécimen a été repéré dans la ville autrefois appelée Condate. Comme chacun le sait, ce nom signifie confluent, et ce fait n’a absolument aucun rapport avec le Tokar de Bretagne.
Le Tokar, comme le disait Germaine Tillion à propos du Verfügbar,  est une espèce « anatomiquement classée parmi les animaux inférieurs, mais supérieur à l’huitre ». Je rajouterai que la différence principale entre le Verfügbar et le Tokar tient à ce que l’on a envie d’adopter et de protéger le verfügbar alors que quand on voit un Tokar, on a plutôt envie de prendre un permis de chasse (et de s’en servir).
Curieusement, ce n’est pas à Condate qu’a été identifié Le Tokar de Bretagne, mais dans la ville voisine de Condevincum, qui veut également dire confluent (mais ce ne sont pas les mêmes rivières).
Le spécimen y a été repéré et identifié en tant que sous-espèce à part entière de Ingenieurii Commercialisi de manière formelle. 
La légende raconte qu’au cours d’un se ses rares déplacement en vue de gagner sa pitance, le Tokar s’est fait démasquer à deux reprises par des proies potentielles, qui se sont écriées « Mais c’est un vrai Tokar ton Ingenieurii Commercialisis ! ».
Saluons avec reconnaissance ces amis de la science qui ont su voir, derrière les apparences trompeuses, la véritable nature de notre ami le Tokar, même si, malheureusement pour le Tokar, il est rentré bredouille au nid (mais il en a l’habitude).

Description du Tokar. 

Le Tokar de Bretagne possède les caractéristiques pas très sympathiques de l’espèce ingenieurii commercialisis à savoir :

  •   un contentement de soi frisant l’imbécilité (au sens clinique du terme),
  •   un amour disproportionné pour une chose nommée argent,
  •   une fierté placée essentiellement dans des signes extérieurs, du genre « tout est bon du moment que ça se voit », caractéristique dont un célèbre Homo Publicitaris a un jour fait un raccourci saisissant « si t’as pas de Rolex avant 50 ans, t’as raté ta vie ».
Le Tokar de Bretagne ne se distingue pas physiquement des autres sous-espèces de  Ingenieurii Commercialisis : même aspect terne et passe partout, obtenu principalement par le port de l’uniforme commun à toutes les espèce du genre Homo Affairistus.
Je vous rappelle que  la caractéristique principale de cette espèce est d’attacher une importance démesurée à l’aspect extérieur sans tenir aucun compte des qualités intellectuelles et morales des individus, ce qui explique peut-être la piètre qualité des membres de l’espèce.

Le signe distinctif extérieur le plus remarquable du Tokar de Bretagne est essentiellement  son cri, ou plus exactement par les sons terminaux qu’il émet à chaque fin de phrase. Une sorte de « Ahahahahahahah » d’une niaiserie incommensurable. Ce cri terminal a le dont d’irriter ses interlocuteurs au plus haut point, ce qui explique sans doute les piètres résultats du Tokar de Bretagne lors de ses opérations de « chasse au contrat ». Nous verrons au court de notre étude que ce n’est pas la seule explication.
 

Vie et mœurs du Tokar de Bretagne II



Vie du Tokar.

Le Tokar partage son temps entre deux endroits, le nid familial et le nid de fonction.  Le nid familial est occupé par une « cellule familiale » dont nous ne voulons rien connaître.
Le nid de fonction est partagé avec plusieurs autres espèces. Citons les deux principales Les Kékéii Bracasséis  également membre du genre Homo Affairistus sous-espèce des Quii Sycroiis, et la sous espèce plus nombreuse des Pioupiouii Moinsquerienis  membres du genre Collaboratii Esclavatis qui sont principalement les cibles directes ou indirectes des bourdes et incompétences du Tokar de Bretagne.
Ses horaires sont extrêmement rigoureux, jamais de présence au nid de fonction après 18h le soir ! Et aller au nid de fonction un week-end est un privilège qu’il ne s’accorde pas, il le réserve aux Pioupiouii Moinsquerienis  . Il faut bien dire que c’est leur seul privilège et que la seule qualité que nous pouvons reconnaître au Tokar de Bretagne est le respect de ce privilège.
Le Tokar de Bretagne ne se déplace que dans une Audi avec « fauteuil en cuir ». Mettre son cul dans tout autre véhicule est considéré comme une déchéance grave pouvant entraîner des séquelles irréparables au neurone du Tokar (non ce n’est pas une faute d’accord).

Une différence importante avec les autres sous-espèces de Ingenieurii Commercialisi réside dans la croyance qu’a le Tokar de Bretagne dans une entité mystérieuse appelée le Païpe (et non le pape). Cette mystérieuse entité supra-naturelle a vocation à se déboucher pour laisser couler sa bénédiction sur notre Tokar, la bénédiction en question prenant la forme de « projets ».

Petit aparté : Le projet est un concept clé de la vie du Tokar, plus particulièrement la « vente de projets ». Il s’agit d’une manière de chasse rituelle, dont la proie est membre de l’espèce Pigeonii Nigaudis. Il s’agit pour le Tokar de lui faire signer un document appelé « contrat » où le Tokar de Bretagne s’engage à ce que la sous-espèce des Piouii Piouis  réalise des travaux que même Hercule dans ses bons jours refuserait de faire, le tout dans un temps record.

Le païpe, en tant que pourvoyeur de projet peut être raisonnablement considéré, d’un point de vue ethnologique, comme la déité suprême du Tokar. Il s’agit là d’une des particularités de cette sous-espèce qu’on peut reconnaître donc non seulement à la terminaison de son cri, mais également à son  "cri de rut"  qui est : « On va conclure ! ».
Cette habitude lui a valu le surnom de Jean-Claude par similitude avec une espèce du genre Homo Comicus, les Bronzéii Skiis dont c’est également le cri de rut.

Le troisième critère permettant de différencier le Tokar de Bretagne des autres sous-espèces de Ingenieurii Commercialisi,  est également lié, de manière plus indirecte, à ce dieu Païpe. En effet, le Tokar, intimement persuadé de la réalité des projets dans le Païpe, et certain qu’un jour ces projets lui seront donnés par la grâce du Païpe, passe son temps scotché à son nid de fonction à attendre que « le Païpe se débouche ». C’est vraisemblablement la seule espèce à avoir ce comportement ridicule. Ce symptôme est aisément identifiable par un des cris les plus courants du Tokar : "Il y a pleins de projets dans le Païpe".

Mœurs du Tokar de Bretagne

Outre l’absence quasi-totale de qualités, propre aux représentants de l’espèce Ingenieuri Commercialisis, le Tokar de Bretagne possède de véritables défauts. C’est d’ailleurs peu de chose de dire qu’il en possède, si la communauté européenne faisait son boulot correctement, elle interdirait le Tokar de Bretagne au nom de la loi anti-trust ! Malheureusement les défauts ne sont pas considérés comme une marchandise, sinon, le Tokar de Bretagne, tout en pratiquant son activité favorite, être assis à son bureau à se torturer le neurone (non ce n’est toujours pas une faute d’accord), atteindrait un de ses objectifs qui est d’être bourré d’oseille.
Déclinons ces défauts, peut-être pas tous, parce que la capacité de stockage du web n’est pas illimitée, mais au moins les principaux.

La paresse.

Si les principaux membres de l’espèce Ingenieuri Commercialisis  sont connus pour leur travail dur et pas toujours rigolo, je pense en particulier à la sous-espèce Vendeurii confituris qui parcourt la France de long en large et même en travers. Au contraire, le Tokar de Bretagne est connu pour rarement quitter le nid de fonction, appelé « bureau » dans son jargon. A se demander pourquoi il exige une grosse voiture « avec des sièges en cuir » puisqu’elle passe la plupart du temps inutilisée.

La prétention.

Le Tokar de Bretagne est d’autant plus étonné de ne rien réussir qu’il est persuadé d’être un être iiiiiiirrésistible, aimé de tous, supérieurement intelligent et j’en passe. Nous avons là une preuve flagrante de "crétinisme alpin".

L’humour à usage (très) personnel

Le jeu favori du Tokar de Bretagne consiste à « faire rire », enfin tenter, les autres espèces co-habitantes   de son terrier de fonction, qui passent leur temps (et on peut le dire, de manière surérogatoire) à rattraper ses bourdes, ses erreurs et j’en passe, en leur disant après deux heures de pause café : « Bon faut que j’y aille, j’ai un tétris en train ».

L’incompétence à usage (très) partagé

Le Tokar de Bretagne a trouvé un moyen commode de ne pas revenir bredouille. Il s’agit de reporter sur une sous-espèce cohabitant avec lui dans le nid  de fonction, toute la difficulté de l’action (voir l’aparté sur les projets et l’action rituelle dite « vente de projets ».

mardi 24 avril 2012

Chronique de vladivostok 17 : Premier mai - "fête le pont"


La fête des travailleurs, c’est comme la fête des femmes, c’est une seule fois par an. Mais, alors que la journée des femmes passe très bien dans le cadre de l’entreprise, du genre « tiens aujourd’hui c’est ta fête, je vais t’apporter un café » avec comme sous-entendu « profite en bien,  à partir de demain, ça redevient ton tour de faire le café et pour les 364 prochains jours (365 si l’année est bissextile) », bref si la journée de la femme, c’est un peu comme carnaval, la fête des travailleurs, par contre, ça doit tellement emmerder les patrons que du coup c’est férié ! Comme ça, pas besoin de faire semblant d’être aimable avec les Trrravailleurs.

Fête du travail ou fête des travailleurs ?
Je ne sais pas comment vous ressentez ça, mais pour moi, c’est à peu près le contraire l’un de l’autre. Quand le travail fait la fête, les travailleurs trinquent et quand c’est la fête des travailleurs, c’est qu’ils ne sont pas au travail (si mon patron me lisait….). Donc pourquoi cette confusion ?
Un peu d’histoire.
Je passe rapidement sur la fête du travail créée sous la révolution française par Fabre d’Églantine, l’immortel auteur de « Il pleut, il pleut bergère » et le non moins immortel auteur des noms des jours et des mois du calendrier républicain, qui, si on l’avait conservé, me permettrait de dater cette rubrique du Rossignol 5 Floréal, ce qui a quand même une autre gueule que le mardi 24 avril.
Bref ce monsieur avait fixé une fête du travail au Lauréole 1 Pluviôse (20 janvier) en 1793. Ça ne lui a pas réussi, il fut guillotiné l’année suivante.
Permettez moi ici de rendre hommage avec une minute de silence à nos braves ancêtres qui eurent le bon goût de guillotiner l’inventeur de la fête du travail.

Je passe rapidement sur cette fête (enfin rapidement…) car elle n’a pas grand-chose à voir avec notre fête des travailleurs, celle du premier mai, qui date de la fin du XIXème siècle.

D’abord pourquoi le 1er mai ? Et bien parce que c’est le début de l’année comptable pour la plupart des boîtes américaines à cette époque.
Et là, je vois l’incompréhension dans vos regards, non pas d’inquiétude, c’est juste une image, vous n’êtes pas webcamés, quel rapport entre le début de l’année comptable aux USA et la fête des travailleurs ?
Et bien, en 1884, les syndicats américains décident de mettre la pression sur les entreprises pour avoir la journée de 8 heures, et de débuter leur action au début de l’année comptable, donc juste après les renouvellements de contrats.
Ça tient à peu de chose, heureusement que ça ne tombait pas le premier janvier, ça aurait fait doublon.

Bref quelques années et pas mal de morts plus tard (dont quelques-uns pendus, puis réhabilités, ce qui leur fait une belle jambe), la journée du premier mai devient la fête du travail et devinez qui c’est qui l’a instaurée en France ?
Indice « Maréchal, nous voila, devant toi le sauveur de la Fraaaaaaaaaaaaaance »
Et oui c’est pépé Fifi, d’autant plus content que ça coïncidait avec la St Philippe!
Mine de rien, il s’est lâché, notre bon maréchal, le premier mai, la fête des mères, il avait l’âme festive, on l’aurait laissé faire, on en serait maintenant à la fête des animaux de compagnie, quoi ? Comment ? Ça existe ? Vous êtes sûrs ? Bon et bien on a bien fait de s’en débarrasser avant qu’il ne nous ponde la fête des tasses à café sales.

Curieusement, ce premier mai a été pris en compte par le gouvernement de la libération en 1947, mais sans appellation légale. Et depuis certains (les syndicats) veulent l’appeler Fête des travailleurs et d’autres veulent l’appeler Fête du travail.
C’est ainsi que le premier mai, on fête à la fois le bourreau et le supplicié.
En matière de récupération, citons aussi Papy douze (le Pape Pie XII) qui a fixé au premier mai la Saint Joseph, celui-ci étant le patron des ouvriers.
Et le muguet dans tout ça ?
Au départ, le symbole du premier mai, en tant que journée de revendication, était l’églantine rouge (aucun rapport avec Fabre d’). Mais existait depuis longtemps (Charles IX) la tradition d’offrir du muguet au premier mai, pour symboliser la fête de l’amour (alors là on est vraiment loin de la fête du travail !!!!)
Et c’est encore pépé Fifi qui nous a associé le muguet au premier mai. Et si cette tradition perdure, peut-être, mais seulement peut-être, est-ce dû au fait que la vente de muguet le premier mai est totalement libre de taxe. Alors là, vous avez le droit de me traiter de mesquinerie.

Les dernières polémiques
La fête du "vrai travailleur". Je vais vous donner le mode d’emploi pour reconnaître un vrai travailleur.
§         Il ne demande pas d’augmentation
§         Il vient bosser le week-end quand son patron le lui demande
§         Il ferme sa gueule quand il a autre chose à dire que « Merci patron »
§         Il vote « bien »
§         Il travaille plus pour gagner moins.
Normalement, une cabine téléphonique devrait suffire pour contenir la fête des vrais travailleurs.

PS cela n'engage que la fausse travailleuse que je suis.

mercredi 11 avril 2012

Chronique de Vladivostok 16 : S ou ne pas S, voila la question


Maintenant que vous êtes bien repus de chocolat, passons aux choses sérieuses.
Vous êtes-vous demandé pourquoi les cloches vont à Rome pour Pâques, quelle est la différence entre Pâque et Pâques, d’où vient le lièvre-lapin qui pond des œufs ?

Finalement, il y a pas mal de questions intéressantes qu’on peut se poser, quand on n’a rien de mieux à faire….
S ou pas,  n’S-ce pas ?
Pâque, et Pâques aussi,  vient de l’hébreu (surprenant non ?, ceux qui avaient parié sur le chinois ont perdu)  Pessoah qui veut dire grosso modo passage.
Pâque, c’est le nom de la fête juive, qui, bien évidement, ne commémore pas la résurrection de JC !, mais commémore la sortie d’Égypte, et la traversée de la mer rouge à pied sec. Vous savez le truc qui, si ça marchait, ruinerait les bâtisseurs de ponts et de tunnels. Le mec qui se met devant la mer, et pof, la mer s’écarte et laisse passage à toute la tribu. Et quand les méchants (les égyptiens en l’occurrence) arrivent, paf la mer se referme et glou et glou et glou, il est des nôtres, il a bu la tasse comme les autres.
Malheureusement, il s’avère que cette histoire n’est pas forcément réaliste. Au point qu’il est impossible de faire correspondre une époque de l’histoire, relativement bien connue, de l’Égypte ancienne à ce récit.
Au mieux, comme le souligne Christiane Desroches Noblecourt, le récit est forgé à partir de différents faits survenus à des époques différentes. « ... le récit en question est le résultat d’un brassage de faits indépendants les uns des autres, remontant à diverses époques, recueillis très tardivement et recouvrant probablement un événement très mineur, en tout cas aux yeux des Égyptiens, qui aurait été mis en relief pour former un récit « héroïque » cohérent. » (dans Ramsès II (éditions Pygmalion)
Ça tombe bien parce que vu la difficulté de calcul de la date de Pâque, il faut mieux que la date d’origine ne soit pas trop précise, on risquerait de se tromper !

Pâques, c’est le nom de la fête chrétienne qui en plus de commémorer la même chose que Pâque, commémore la résurrection de JC, qui se serait passée pendant la Pâque juive.
Donc comme on commémore plusieurs choses, on met un s (interprétation libre).

Les traditions rigolotes
Les œufs.
Pas évident de raccrocher des œufs à la commémoration de la mort de JC. J’ai beau me creuser la tête, à part imaginer qu’un oiseau ait fait son nid sur la croix, voire sur la tête de JC, et pondu ses œufs, ou alors que les hébreux se soient nourris d’œufs de mouettes pendant la traversée de la mer rouge…c’est un peu capillo-tracté tout ça.
Par contre, deux histoires qui tiennent plus la route :
La première c’est que l’échange d’œufs était une tradition romaine pour célébrer le printemps et la renaissance de la nature, et hop, récupération et on a les œufs de Pâques
La deuxième est que comme l’église interdisait de manger des œufs pendant le carême, et que ces mécréantes de poules n’arrêtaient pas de pondre pour autant, on ne savait plus trop quoi en faire, alors, un p’tit coup de peinture et hop, l’œuf est recyclé en symbole.
Les cloches
Qui a pu imaginer cette histoire abracadabrantesque de cloches qui vont se faire bénir à Rome ?
Tout internet est d’accord, avec les mêmes phrases pompées les unes sur les autres, pour déclarer que l’origine du silence des cloches, entre le jeudi saint, où l’on commémore la mort de JC, et le dimanche, où l’on commémore sa résurrection, vient d’une interdiction formulée par l’église au VIIème siècle.
Tout internet est également d’accord pour dire que les cloches se parent de rubans ou d’ailes pour voler vers Rome ou même pour y aller en char.
Après, l’histoire du voyage à Rome, qui semble être une particularité française, je n’en trouve aucune explication, à part une citation de Grégoire de Tours, saint de son état, qui aurait noté en 587 " Nous vîmes pendant deux nuits de suite, au milieu du ciel, une espèce de nuage fort lumineux qui avait la forme d'un capuchon ". Je trouve cela un peu maigre comme citation, on veut nous faire croire qu’il a vu des cloches voler alors que c’était le tournage de Star Trek ou de la guerre des étoiles, on ne peut pas vraiment être sûr du titre, vu que c’est un peu ancien comme évènement.
Le Lapin (ou lièvre) tradition germanique (lièvre) et britannique (lapin)
Celle là je l’adore. Ça me rappelle le boulot, la chronique 4 plus précisément !
Légende racontée sur Wikipédia à la rubrique Œufs de Pâques.
« Une vieille femme sans argent pour acheter des œufs pour ses petits enfants décide alors de les peindre. Elle les cache dans son jardin. Elle appelle ensuite les enfants et les invite à chercher leurs surprises. Tout à coup, un lapin saute d'un petit nid de brindilles où étaient les œufs. Un enfant crie tout émerveillé : « Le lapin a laissé des œufs peints pour notre surprise de Pâques ! ». »
Ben voyons!!!! La dame n'a pas d'argent pour acheter des œufs, donc elle peint les œufs qu'elle n'a pas pu acheter... Bonjour l'économie, non seulement elle paye les œufs qu'elle ne peut pas acheter , mais en plus elle paye la peinture !!!!!! Comme aurait pu dire Marie-Antoinette "ils n'ont pas d’œufs ? qu'ils mangent des œufs peints !
Palme de l'opportunisme aux australiens : En Australie, pour sauver le bilby (une espèce de petit marsupial en danger d'extinction) et lutter contre la prolifération des lapins, les Australiens ont décidé de remplacer le lapin de Pâques par le bilby de Pâques . A quand l'ours polaire de Pâques au Canada ? et le rhinocéros blanc de Pâques en Afrique du sud ?

Pour terminer, nos prix Ig Nobel du jour, en relation avec des œufs…
2004
 Ingénierie : Donald J. et Frank J. Smith (États-Unis), pour avoir breveté le «combover» (mot anglais désignant une méthode de coiffure permettant aux chauves d'utiliser les quelques cheveux qui leur restent pour camoufler leur calvitie).
1993
Physique : Corentin Louis Kervran de France, ardent admirateur de l'alchimie, pour sa conclusion que le calcium des coquilles d'œufs de poulet est créé par un processus de fusion froide.
Ingénierie de la consommation : Ron Popeil, inventeur infatigable et présentateur perpétuel d'émissions de télévision nocturnes, pour avoir redéfini la révolution industrielle grâce à des outils comme le Veg-o-matic, le pêcheur de poche, Monsieur Microphone, ou le brouilleur d'œufs dans la coquille.

lundi 2 avril 2012

Chronique de Vladivostok 15 : Ode aux grenouilles


Aujourd’hui j’ai été voir les grenouilles
Qui coassent, tranquilles, dans leur marigot
– Oups – danger, il y a une rime en ouille !
C’est la porte ouverte aux mauvais jeux de mots

Revenons à nos amies les batraciennes
Elles m’ont dit : « bienvenue à Vladivostok
Tu finiras par faire zootechnicienne
Et sûrement sauras quand sortir ton pébroc

Si assidue tu es, dans notre fréquentation,
Météorologues averties que nous sommes
Plus habituées, certes,  à la vivisection
Qu’à la moindre reconnaissance des hommes

Et pourtant, nous chantons comme des divas
N’en es-tu pas réellement persuadée ?
Toi qui viens tous les jours nous écouter
Passionnée par le timbre de notre coa? »

« Mignonnes grenouilles » – avez-vous remarqué
Avec quel indéniable talent j’ai évité
Le problème évoqué de la dangerosité
De certaines rimes qu’il faut savoir éviter ?

« Mignonnes grenouilles, reprends-je donc
Sans vous Vladivostok serait triste comme Meudon
Et je m’y ennuierais avec tant de peine
Que je n’aurais plus qu’à vous faire un poème.


Prix IG Nobel 2010:
Physique : Andre Geim de l'université de Nimègue (Pays-Bas) et Sir Michael Berry de l'université de Bristol (Royaume-Uni), pour l'utilisation d'aimants pour faire léviter une grenouille. Andre Geim recevra en 2010 le prix Nobel de Physique pour ses travaux sur le graphène, faisant de lui le seul primé de l'Ig Nobel à recevoir un "véritable" prix Nobel.

mercredi 28 mars 2012

Chronique de Vladivostok 14 : Bienvenue en Sibérie


Lundi, un nouveau prestataire de service est arrivé, il vient pour 2 semaines pour faire un développement très précis.
Nickel, dès le premier jour, il a son badge, son bureau. L’efficacité !
Juste il manque un truc (oui c’est pas très français comme tournure mais bon).
Il n’a pas de poste de travail. Oh et puis un détail aussi, la spécification du boulot qu’il doit faire n’est pas terminée.
Et alors, il ne sait pas coder avec sa tête en anticipant les demandes ? Sûrement si, mais comme il ne pense pas la laisser (sa tête) ici au bout des 2 semaines, il préfère un poste de travail.
Mercredi après midi. État des lieux – RAS. Il commence à s’inquiéter, il a lu toute la doc-qui-sert-à-rien, et n’a toujours pas la doc-qui-sert-à-quequ’-chose, vu qu’elle n’est toujours pas terminée.
Après avoir insisté lourdement auprès de notre cheftaine, et malgré les tentatives de "bottage en touche" de cette dernière, (« je ne sais même pas qui s’occupe de ça », tu parles ! au moins 20 ans qu’elle est là !), donc cette dernière finit par prendre son téléphone et appelle le bon interlocuteur du premier coup…pas mal pour quelqu’un qui ne sait pas qui s’en occupe.
Bref le service concerné est dé-bor-dé, donc son poste il va pouvoir l’attendre.
Je le vois bien arriver vendredi en 8, histoire qu’il ait le temps d’installer les produits nécessaires avant sa fin de mission !

Finalement, le détenteur du prix Ig Nobel (*) de Physique de 1991 était un visionnaire. (Le prix Ig Nobel, nommé ainsi par analogie avec les notions de nobel et d'ignoble, est un prix parodique décerné à des personnes dont les « découvertes » ou les « accomplissements » peuvent apparaître bizarres, drôles ou absurdes.)

Prix Ig Nobel 1991 physique : Thomas M. Kyle, pour sa découverte de l'élément le plus lourd de l'univers, l'Administratium, qui comprend un neutron, huit neutrons-assistants, 35 vice-neutrons et 256 vice-neutrons-assistants.
L'administratium est un élément chimique découvert simultanément dans plusieurs pays développés à la fin du XXe siècle. Ne comportant ni protons, ni électrons, son numéro atomique est nul. Toutefois, il comprend un neutron, 125 neutrons-assistants, 75 vice-neutrons et 111 vice-neutrons-assistants, ce qui en fait l'élément le plus lourd de l'Univers avec une masse molaire atomique de 312. La cohérence nucléonique des 312 particules constitutives est obtenue par l'échange permanent d'énergie véhiculée par des boxons, mécanisme auparavant inconnu pour les éléments chimiques allant de l'hydrogène (1) au darmstadtium (110).
Réactivité
Du fait de l'absence d'électrons, l'administratium est totalement inerte : de nombreux scientifiques incrédules ont perdu beaucoup de temps avant de s'en rendre compte et certains ont préféré changer d'emploi. Cependant, il peut réagir chimiquement par contact : la cinétique est généralement lente, la réaction nécessitant en moyenne plusieurs jours, voire semaines, mais, elle est parfois violente, avec un temps de réaction inférieur à la seconde. Il semble que la violence des réactions soit proportionnelle aux boxons.
Stabilité
Sa demi-vie est approximativement de trois ans mais, curieusement, semble dépendre de la localisation. Ainsi, en France, elle serait de cinq ans et aurait tendance à augmenter au cours du temps. Une extrapolation de la théorie MKS permet de supposer que l'allongement de cette durée résulte de réorganisations complexes entre les neutrons, les neutrons-assistants, les vice-neutrons et les vice-neutrons-assistants. Plusieurs études ont mis à jour le fait que la masse atomique augmente après chaque réorganisation. Aucune explication rationnelle n'a encore été proposée.
Gisements
Malgré sa masse atomique élevée, plusieurs laboratoires ont trouvé de l'administratium dans l'atmosphère. Il tend à se concentrer dans les zones fortement urbanisées et fréquentées, notamment dans les constructions les plus récentes et les mieux entretenues. Les concentrations les plus importantes sont observées dans les édifices publics tels les mairies, les préfectures, les ministères et les institutions européennes. (ndlr : il a oublié le secteur banquassurance)
Dans la lithosphère, l'administratium est présent dans la bureaucratite, minéral dont on ne connaît aucune forme cristalline et que l'on qualifie donc de super-amorphe. Il semble que la concentration atmosphérique en administratium résulte de la sublimation de la bureaucratite. Ce minéral peut toutefois se liquéfier partiellement, générant une poix capable de ralentir de nombreux éléments. Fortement endothermiques, les réactions sont capables de geler toutes les évolutions en cours. Certains scientifiques prétendent que la bureaucratite poisseuse peut même inverser le sens des réactions et le cours du temps. Il est avéré que les personnes mises en contact avec la bureaucratite n'en sont jamais sorties indemnes.
Toxicité
Les études toxicologiques ont mis en évidence des risques à court, moyen et long terme, avec phénomènes de bioaccumulation et de biotransformation. La toxicité se manifeste immédiatement et on ne connaît pas de dose sans effet apparent. En cas d'accumulation, il peut inhiber toutes les réactions productives.
Le contact avec la bureaucratite génère des troubles psychiques allant de la simple déception au plus intense désespoir. Les symptômes associés les plus répandus sont une hypertension, une excitation psychotique, une hyperthermie, une vasodilatation périphérique faciale, une dysphasie et une coprolalie.
Bien que le nombre de victimes ne cesse d'augmenter, les gouvernements ne semblent pas vouloir investir dans la recherche d'une solution, de sorte que les rares études entreprises jusqu'à présent (2006) n'ont pas permis de trouver d'antidote ni d'élément antagoniste.

(*) Sources : pages au hasard de wikipédia
Je vous reparlerai des prix Ig Nobel, il y en a de très drôles.

mardi 27 mars 2012

Chroniques de Vladivostok 13. Révélation


La journée avait pourtant bien commencée.
Partie de la maison très tard, j’ai décidé, en montant dans ma bétaillère de service*, qu’exceptionnellement, Vladivostok resterait à l’heure d’hiver jusqu’à mon arrivée.
Donc sortie de chez moi à 8h20, je monte dans la voiture à 7h21 (coup de chance, j’avais trouvé une place à proximité, c'est-à-dire pas trop loin, comme disait Bobby Lapointe).
J’arrive à Vladivostok à 9h03 et paf le temps de dire bonjour, le changement d’heure, et il est déjà 10h10…. C’est fou comme la matinée passe vite quand on sait s’organiser.

10h la réunion hebdomadaire, à laquelle je ne suis pas censée assister, a lieu dans mon bureau comme tous les lundis. C’est bien, je suis comme cela un peu au courant de l’état du projet sur lequel je travaille… euh enfin n’utilisons pas de mots trop forts !, pour lequel je viens à Vladivostok tous les lundis…
Et puis, ça aide à résoudre mon principal problème, comment passer le temps.

11h30 un p’tit boulot pour moi. « Peux-tu regarder un truc sur l’environnement de développement ? »
« Je pourrais, mais il faudrait me donner l’adresse »
« Ah, t’as pas eu le mail ? »
« Non je ne reçois aucun mail »
(à son collègue) « Il faudrait qu’on la mette dans la boucle des mails »
(moi, j'en rajoute une couche) « Oui, ça serait bien »
Rassurez-vous, c’est resté à l’état de projet.

12h ça y est  j’ai compris ! C’est du bizutage !! Si j’arrive à rester un an à brasser du vent, ils me gardent une deuxième année ! et si j’arrive à passer 2 ans sans rien faire (de concret j’entends), je pense qu’ils voudront m’embaucher.

15h du coup pour être sure de réussir mon bizutage, j'ai été passer un (grand) quart d'heure avec les grenouilles, elles au moins, elles me causent. Vladivostok étant construit à proximité du marais sibérien, des canaux de drainage traversent le parking et en ce moment, c'est la folie de printemps chez les grenouilles. D'ailleurs, ce sont bien les seules qui sont occupées à plein temps ici.

(*) Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est le petit nom amical de la caisse de m… brise dos que mon patron met généreusement à ma disposition

lundi 19 mars 2012

Chronique de Vladivostok 12. Mes mails de la semaine dernière

19 mars 2012

Je ne vous mets que les titres parce qu’ils se suffisent à eux-mêmes. 6 mails, c’est ma plus grosse semaine.
Le premier, c’est pour dire que quelqu’un bloque le fichier des congés.
La note, c’est la terre entière qui la reçoit. Je suis tellement surmenée que je ne regarde même pas ce que ça dit.
L’avenant technique, je croyais que c’était pour nous remplacer IE6 par IE8, mais faut pas rêver, ce n’est pas pour tout le monde.
Quand à la gentille prestataire qui nous dit au revoir, je n’ai aucune idée de qui c’est….et pourtant ça fait 2 ans qu’elle est là.
Cette semaine, le projet sur lequel je ne sais même plus si je suis censée bosser doit être livré.

Et pendant ce temps là Siaosi Tāufa'āhau Manumataongo Tuku'aho Tupou  est mort, ce qui laisse le trône des îles Tonga libre…j’me ferais bien une petite reconversion professionnelle vite fait, moi.